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Erol Alkan : Disco 3000

Avec presque 20 ans de carrière derrière lui Erol Alkan s’est définitivement imposé sur la scène électronique mondiale : dj hors-pair mais aussi producteur de génie, on lui doit The Long Blondes, Mystery Jets ou encore Late Of The Pier, il officie sous différents pseudos depuis des années afin de balayer les genres avec classe : que ce soit sous le pseudo Kurtis Rush au début des années 2000 avec ses mash-ups fracassants, Mustapha 3000 ou encore le dernier en date Beyond the Wizard’s Sleeve projet commun qu’il a avec Richard Norris où ils nous livrent des productions psyché-balearic il est toujours là où il faut. Rencontre avec ce demi-dieu de la techno.

Quand as-tu commencé le djing ?

J’ai commencé le djing quand j’avais 16 ans quand j’ai pu aller chez un de mes amis qui avait des platines. C’est à 17 ans que j’ai fait mon premier dj set en public. Je suis allé dans en club local et j’ai demandé à ce qu’on me booke puisque tous les clubs étaient pareils dans la mesure où ils jouaient la même musique. Mes amis et moi voulions écouter quelque chose de différent. ??A l’époque en 1991 faire le dj n’avait rien de spectaculaire c’était bien avant qu’il y ait quelque chose comme The Chemical Brothers. Personne n’avait pour objectif de devenir dj. C’est quelque chose qu’on faisait parce qu’on aimait la musique. Pour moi c’était l’étape supérieure à la création de mixtapes K7. A l’école j’étais toujours le mec à qui on demandait de faire des K7 pour savoir ce qui était bon.

Quelles sont les personnes qui t’ont influencé ?

Mes inspirations ne sont pas des djs. Pour moi être dj c’est quelque chose que j’ai besoin de faire pour faire ce que j’ai envie de faire. J’ai jamais voulu être célèbre ou d’être considéré comme un dj ou être adulé en tant que dj.? Pour moi le pouvoir que tu peux avoir sur un groupe de personnes en même temps et la possibilité de le faire c’est ça qui m’inspire. Tout ça est l’énergie qui me permet de continuer. Maintenant être un dj est devenu quelque chose pour se montrer alors que l’objectif premier c’est de faire écouter de la musique aux gens et les inspirer musicalement. ?Je ne veux pas critiquer mais c’est devenu quelque chose d’éphémère.

Quelle est la recette d’un bon dj set selon toi ?

Pour faire un bon dj set il y a 50% de préparation parce qu’il faut choisir ce que tu emmènes avec toi pour aller au club et 50% de chance parce qu’on ne peut pas jouer ce qu’on n’a pas. Il faut savoir lire la réaction des gens pour adapter son dj set en fonction d’eux.? Récemment j’ai essayé de rendre mes dj sets plus stimulants en les rendant plus court. Je l’ai fait une fois à Londres ca a plutôt bien marché donc je me suis dis que j’allais le faire également à Paris et c’était cool j’ai adoré.

Peux-tu nous parler de ta collaboration avec Alex Ridha ?

Avant qu’on se rencontre je jouais son morceau Young Love Topless. C’était un morceau qu’il avait sorti au tout début lorsqu’il s’appelait encore KiD Alex. C’est un morceau très pop, super étrange au niveau de la production, de la voix aux instruments il y a quelque chose de très hot. Avec Alex qui chante c’est assez drôle. Je le jouais tout le temps à Trash. ?Quelques années plus tard on m’a conseillé d’acheter l’album de Boys Noize et j’ai appris que c’était le nouveau projet de KiD Alex. Je l’ai contacté, on a appris à se connaître petit à petit puis j’ai organisé une soirée à The End en 2006. J’ai ainsi demandé à Alex de venir et c’était sa première date à Londres. Le lendemain il est venu chez moi, il m’a passé le remix qu’il avait de Feist, My Moon My Man. J’ai trouvé ça bien je lui ai donc dit que si jamais il revenait à Londres ou que j’allais à Berlin ce serait bien que l’on fasse de la musique ensemble…
Cette année quand Alex est venu jouer à Londres il a dormi chez moi et on a fait de la musique. On a écrit Death Suite en 4 heures. Ensuite l’ordinateur a bugué et on a perdu toute la session.. On a retravaillé chacun de son côté le morceau mais c’était difficile car tu ne peux pas faire quelque chose qui te ressemble seulement il faut également que ce soit bon et que ça excite les gens. Avec Alex on s’envoie des choses assez souvent comme des morceaux non finis. Le truc c’est d’essayer de faire quelque chose qui va plaire à d’autres personnes.


Tu as produit trois albums récemment, Mystery Jets, Long Blondes et Late Of The Pier. Vas-tu produire d’autres groupes cette année ?

Même si j’ai produit les nouveaux morceaux de Late Of The Pier je vais arrêter un peu pour passer plus de temps sur ma propre musique. Quand j’ai produit les trois albums, c’était difficile, j’étais tendu, je n’avais plus de temps pour faire le dj le weekend. C’est dur de faire le dj deux à trois fois par semaine et de produire des albums à côté. Du coup j’ai dû m’arreter deux mois pour me consacrer pleinement à la production. ?Faire un album demande beaucoup de travail. Tu ne dois pas seulement être derrière l’ordinateur à tout gérer, tu dois aussi bosser avec des gens. C’est plus que dire seulement «et si on utilisait ce son de batterie là?». Tous les autres aspects de ta vie disparaissent. J’ai pas l’impression que je puisse continuer à faire ça, j’ai peur que mes qualités de djs en souffre. J’ai donc décidé de rester plutôt un dj et de produire mes propres projets.? Peut-être que dans le futur je travaillerais plus avec des groupes mais pas pour l’instant.

Tu vas produire le prochain album de Late Of The Pier ?

Pour l’instant ce ne sont que des singles mais s’il y a en a un je ne dirai pas non. En fait si un des groupes me demandait de retravailler avec lui pour un nouvel opus je serai partant. A ce moment là j’arrêterais de faire du djing pour me consacrer à la production.

As-tu un projet perso que tu aimerais poursuivre ?

Oui, j’ai toujours plus ou moins commencé. J’ai toujours travaillé sur des projets solo. J’ai plein de musiques inachevées, maintenant j’aurais besoin de me concentrer là-dessus. Je ne veux pas faire un album qui soit trop attendu par les gens dans le sens où ils connaissent le style de musique que je produis. Si je passais deux mois à ne rien faire d’autre je pense que je pourrais réussir à tout finir mais j’ai toujours eu autre chose à faire. ?Donc la réponse est oui.

A écouter :

Erol Alkan Resident Advisor Podcast 171

Crédit photo : Ro.

Cet article à été écrit le Mercredi, février 10th, 2010 à 12:39 dans la catégorie Featured. Suivez le contenu de cet article avec le flux RSS 2.0. Vous pouvez laisser un commentaire, ou faire un trackback à partir de votre propre site.

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