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Gentlemen Drivers, Interview

Mica et Benoît sont 2 potes d’enfance qui se connaissent depuis le collège. À deux, ils forment les Gentlemen Drivers, un duo qui donne dans la musique électronique, à base de mélodies vitaminées et synthétiseurs en rafale. En plus d’avoir des bonnes bouilles, les mecs de Gentlemen Drivers sont hyper sympas. On a été boire un verre avec eux rue Oberkampf.


Je suis sûre que Benoît c’est toi. Et toi, Mica.

Benoît : Ahah, c’est l’inverse !

« Gentlemen Drivers » : pourquoi ce nom ?

Benoît : L’idée qu’on voulait faire passer à la base, c’est celle de voyage. Quand t’es jeune, que t’es avec tes parents et que tu prends la voiture tôt le matin pour aller dan le sud de la France, tu sais, le genre de grands périples sur autoroute. Le genre de trajet que tu commences par un petit dej au resto sur le chemin, du type l’Arche et puis après tu fais ton petit parcours… C’est un univers qu’on aime bien. En plus, Mica vient du monde du karting, quand il était plus jeune c’était un mordu des sports automobiles, donc on trouvait ça marrant de jouer sur cet aspect-là aussi.

Que pensez-vous de cette image que reprend la presse partout quand elle parle de vous : GD, « quelque part entre la périphérie d’une ville française et les États-Unis » ?

Benoît : On est d’accord. Ce qui nous faisait marrer, c’était cette idée de 2 mecs qui ont grandi en banlieue et qui rêvent un peu des Etats Unis. Comme beaucoup de jeunes de notre génération, on a été à fond dans le rêve américain. Du coup, on a joué sur le côté Amérique, mais sans renier le fait qu’on est quand même deux Français et qu’on vient de France. D’où les images qu’on a utilisées au début : le concept d’être à bord d’une R19 et de voyager. Surtout que la R19 représente la voiture lambda, la caisse basique du Français moyen – ni beauf, ni riche. On s’est imaginés s’envoler vers les États-Unis à bord de cette R19. Notre imagerie est assez « road ». Sur le maxi, on a des titres comme « L’Arche ». On a aussi un morceau sur une compil qui s’appelle « Nationale 66 ». Donc ouais, y’a un côté « on reprend les codes à l’américaine » mais le tout adapté à notre univers à nous : la France, les banlieues, les voyages en famille et les routes de France.

Donc idéalement, on pourrait écouter votre son en caisse.

Benoît : Exactement. Et avec un radio-cassette de préférence. Mais bon, on a jamais sorti de cassette.

Il faudrait. Vous vous êtes rencontrés comment ?

Mica : On s’est rencontrés quand on était petits, au collège. On a grandi à Saint Cloud tous les deux, à côté de Paris et voilà, en 5e, on s’est rapprochés.

Vous vous appréciez déjà à l’époque ?

Benoît : Ouais. Très vite, en échangeant, on s’est rendus compte qu’on avait des passions communes. Genre les États-Unis et la musique, donc. Nos goûts étaient assez proches, on avait des centres d’intérêt communs. Par exemple, on aimait déjà bien se fringuer… donc on parlait de fringues aussi, ouais.

Du coup, vous avez commencé quand, la musique ?

Mica : On a commencé en 2007. On en parlait depuis un petit moment, ça a toujours été notre sujet de discussion principal, et puis un jour on s’est dit allez !
Moi je mixais déjà pas mal. Mais j’étais aussi passionné par la programmation sur ordi et tout ça, et je me suis dit qu’il y avait un truc à faire entre le DJing et ça. Un truc qui passerait par la production. J’avais pas envie de faire ça tout seul mais avec un pote. Et avec Benoît ça faisait un moment qu’on en parlait, alors voilà, on s’est lancés. On a discuté, trouvé un nom et fait nos premiers morceaux dans la foulée.

Benoît : On aimait tous les deux la musique, et chacun dans un style respectif.


Une pinte de bière arrive pour Benoît, une vodka tonic pour Mica.

Benoît : On se faisait écouter vachement de trucs. Moi j’écoutais beaucoup de hip hop et je cherchais à approfondir mes connaissances dans ce style, Mica c’était plutôt l’univers électronique ou même le rock.

Votre approche, au final, elle est plus analogique ou numérique ?

Benoît : Numérique. Pour le moment.

Mica : On a quelques trucs analogiques, mais on aime bien cette idée de tout faire sur ordinateur. Tirer le meilleur d’un truc numérique, c’est un style. Et pour le moment, on est là dessus. Mais ptêt que l’analogique viendra après.

Benoît : Pour le moment ça nous branche pas, mais on verra. On est de la génération numérique, donc bosser comme ça, c’est naturel.

Vous allez suivre la coupe du monde cet été ? (ndlr : au moment de l’interview, la France est encore en lice)

Benoît : Je suis pas le foot, mais si la France va plus loin, je commencerai à m’y intéresser. Mais perso, je suis pas du tout foot. Enfin, j’ai aucune haine contre le foot non plus, ceci dit.

Mica : Moi je suis pas mal, en revanche. Une bonne excuse pour les soirées pizzas.

Bières, chips, et tout ça !

Mica : Voilà. Bon, y’a quand même ce truc horrible en bruit d’arrière fond. Ces trompettes d’Afrique du Sud qui font un espèce de bruit hyper bizarre. Ça devient vite chiant à regarder.

La vuvuzela ! C’est quoi les prochains matchs que tu vas suivre ?

Mica : Ceux de l’équipe de France, en priorité.

Benoît : Avant qu’ils ne perdent.

Vous avez fait un featuring avec Soko. Elle est sympa ?

Benoît : Ouais carrément. Moi je l’ai connu par Mica, il la connaît depuis très longtemps. Du coup, je l’ai rencontré y’a longtemps aussi. C’est pas juste une nana au hasard, c’est une amie de longue date.

Votre morceau ensemble a été bien reçu.

Benoît : Ouais, c’est encourageant. On a eu de bons retours, c’est vrai.

Quelles sont vos influences, de façon générale ?

Mica : D’abord rock, puis electro.

Benoît : C’est marrant, je pense pas que nos influences se ressentent particulièrement dans notre musique, mais inconsciemment ça doit quand même jouer. Toutes nos influences, d’ailleurs. Tout ce qu’on a pu écouter durant nos 2 enfances, Pop, tout ce qui passe à la radio, quand tu prends la voiture avec tes parents et que t’écoutes des K7 … tout ça a dû contribuer à forger notre musique d’aujourd’hui.

Vous avez des projets à venir ?

Benoît : Ouais, carrément. On a un maxi à sortir encore, à la rentrée, un peu sur le même format. Un featuring et un morceau un peu club.

Mica : On a déjà commencé à bosser sur un album, mais ça c’est pour plus tard.

Vous faites quoi cet été ?

Benoît : On va bosser pas mal. Là on a bien avancé sur le prochain maxi mais faut encore qu’on le finisse. Je pense partir en vacances plutôt en septembre. Rien de concret encore.

Mika : Pareil. Musique et vacances !

Vous bossez comment ? Vous vous faites des sessions régulières ou c’est plutôt du genre improvisé ?

Benoît : On se voit souvent en tant que potes. Après, on n’a pas des sessions de travail très fixes. Des fois on bosse, des fois on parle de ce qu’on veut faire, en termes de musique, d’autres fois on refait le monde sans être productif musicalement.

Mica : Une journée de travail, ça peut être 10 heures de blabla et 1 seule vraie heure de boulot. Une fois qu’on s’y met, ça peut aller très vite. Mais sinon, on aime bien écouter plein de trucs, parler, prendre notre temps, à la cool.

Le pouvoir de l’image a son importance sur votre musique. Est-ce que vous produisez avec un souci esthétique de l’image ? Genre vous avez des images en tête quand vous créez ou ça vient après ?

Benoît : Inconsciemment ouais, je pense. Au début, on faisait ça spontanément. Mais c’est vrai qu’on nous dit souvent que notre son fait très BO.

Vous avez pas une anecdote à me raconter ? J’aime bien les anecdotes.

Benoît : Je me souviens d’une fois où j’ai trop abusé d’alcool. Donc ça m’est déjà arrivé de mettre stop ou d’éjecter le mauvais CD – classique. Mais depuis je fais gaffe, ça m’a servi de leçon.

Ahah, c’était où ?

Benoît : Au point Éphémère, une fois. Dans la musique électronique, c’est chaud d’être pro dans une ambiance festive. Du coup, je continue à faire la fête mais je fais plus attention. J’essaye de me contrôler un peu, histoire de tenir quand même encore debout. J’ai pas envie de me retrouver à me marrer sans plus rien comprendre ni gérer.

Mica : Chez moi, le problème c’est que je suis tête en l’air. Genre j’oublie des trucs à l’hôtel, le casque, des CDs. Donc c’est la panique à la dernière minute.

Bon, et sinon : vous êtes plutôt gentlemen ou drivers ?

Benoît : Mica est driver tout le temps, ça c’est sûr : il vient de ce milieu, c’est un mec du kart. Mais sinon, on essaye d’être un peu des deux.

Mica, tu ressembles à un acteur connu. Depuis tout à l’heure je cherche mais je trouve pas.

Benoît : Tu connais Scrubs ?

Ahhh, mais JD, c’est lui !

Mica : Il paraît !

A télécharger :

Gentlemen Drivers – L’arche

Cet article à été écrit le Jeudi, juillet 8th, 2010 à 19:25 dans la catégorie Featured. Suivez le contenu de cet article avec le flux RSS 2.0. Vous pouvez laisser un commentaire, ou faire un trackback à partir de votre propre site.

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