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Nicolas Jaar – Don’t Break My Love EP

Si dès la première écoute cet été, nous avions été conquis, Don’t break my love, le nouveau morceau de Nicolas Jaar prend tout son sens aux côtés de sa face B, Why didn’t you save me ?, où l’on découvre le producteur new yorkais faire chemin inverse, passant de la figure du prophète, apôtre de la lenteur à celle du chaman, tournant le chaos en harmonie.

« Eloge de la lenteur », c’est ainsi que fut reçu par la presse Space is only noise, un album de musiques électroniques mais pas de club, « une révolution », comme si cela était impossible. Les clubs justement, Nicolas Jaar s’en est servi et les a fuis dès que possible. Un véritable hold up qui commence avec Time for us, 7min40 pour s’imposer sur les dancefloors nu-disco du monde entier et signer son forfait d’un break assassin, réduisant le BPM à néant et avec lui, les clubbers à l’immobilisme. Rétrospectivement, on pourrait faire du morceau le manifeste du new yorkais : Time for us, du temps pour nous comme si l’heure était venue. Et elle est venue. Après avoir répandu seul dans un premier temps la bonne parole, laptop à la main, Nicolas Jaar s’est ensuite entouré de 3 comparses pour partir à l’assaut des meilleurs festivals internationaux. Du  Sonar au Montreux Jazz Festival, de Miss Kittin dans les backstages du Pont du Gard le félicitant pour son album aux ayants droits de Ray Charles faisant retirer son album de la vente, c’est dire si le nom de Nicolas Jaar a amplement résonné au delà d’un certain microcosme.

Peut être que le break de Time for us n’était pas le coup d’envoi d’une croisade mais simplement un appel au silence dans le vacarme assommant des BPM vrombissants, toujours est il qu’il fut une porte d’entrée pour son auteur dans un système dont il a su faire bouger les codes. Fort de ce constat, il semblerait que nous assistions désormais à une posture nouvelle.

Don’t break my love, composé durant l’hiver dernier, est le premier morceau produit par Nicolas Jaar après la sortie de son album. On y retrouve une lente progression de samples en charpie qui ne sont pas sans rappeler le travail de Valentin Stip, signé sur son label, et un break, le fameux break qui désormais n’aboutit plus à un long pitch down mais à une séquence rythmique plus énervée, un second morceau dans le morceau en quelque sorte comme le producteur aime à le faire, notamment sur ses remixes. Sur la face B, Why didn’t you save me ?, c’est un schéma similaire qui s’applique : un canevas rythmique tribal en constante progression accompagné de notes baroques perçantes et d’un vocal minimaliste qui attend d’être libéré dans la seconde partie du morceau. Point commun de ces deux titres, leur structure où se rencontrent dans un même élan, cliquetis frénétiques et lents battements sourds. Une mise sous tension qui entraîne irrémédiablement dans un certain état de transe.

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Nicolas Jaar – Don’t Break My Love 

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